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Billets sur l'actualité

19 décembre 2009

Pas à pas

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Avant d'apprendre à compter, apprendre à écrire, à aimer, chanter ou même rire, il faut savoir marcher. Un pas après l'autre. Un pied devant l'autre. Marcher, c'est se différencier des animaux. Marcher, c'est être écolo. Marcher, c'est l'avancée vers les idéaux. Pourquoi prendre le vélo, l'auto ou la moto, quand tes deux guibolles t'emmènent jusqu'au bout du monde ? Marcher... c'est entrer dans la vie. Là où tout commence, et là où tout finit. Premières enjambées, premiers jugements. Tu as été un précoce, tu seras un génie. Tu as mis du temps, tu seras un raté, un paumé ou un camé. S'il existe un gène du meurtrier, dès l'enfance tout le monde pense savoir qui tu es. Il n'est même plus nécessaire de savoir articuler, le pronostic est déjà prononcé : Toi, mon enfant tu es un attardé. Si par chance, l'enfant surprend tout le monde par d'autres capacités, il se transforme en marginal. Il a marché vers une autre route et à éviter la case « déroute ». 

Savoir marcher, c'est prendre une direction non décidée. Premier formatage dans l'univers du clivage. Quand en couche culotte, le bambin avance à quatre pattes, il ne réfléchit pas à ce qu'il fait et le monde autour de lui est parfait. Il ne se concentre par sur lui-même mais se dédie à admirer. L'égoïste de l'être humain commence ici : je marche donc je fuis. Maman veut m'attraper, je cours me réfugier sous le canapé. Papa me gronde, je me cache dans le placard ou l'armoire. JE. Etre à part entière qui sait faire quelque chose seul. Qui se place comme indépendant, capable d'agir et de réagir. JE, existant parce que l'AUTRE existe. Je ne marche pas pour moi mais pour faire comme autrui. Dans la masse, moi aussi je me tiens à la verticale. Seuls les soûlards et les flemmards se plaisent à l'horizontal. Fini l'émerveillement, place à l'engagement forcé au sein de la communauté. 

Et tout au long de la vie, le principe est le même : Ne fais pas un pas de travers sinon tu finiras direct six pieds sous terre. 

 

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16 décembre 2009

Quand je serai grande...

... Je serai un enfant. Grandir, c'est un peu mourir. Dire au revoir à l'ignorance, à l'innocence. Petits, nous voulons devenir des adultes. Une fois l'âge de la majorité - et non maturité - atteint, que reste-t-il ? Des souvenirs ? Des regrets ? Rien. Les années se sont écoulées sans que nous ayons le temps de les voir ou de les toucher. Certains se marient et enfantent. D'autres se droguent et s'épouvantent. La plupart ne rêve plus et abandonne leurs objectifs de jeunesse. Tant pis, demain peut-être.

... Je serai vivante. Non pas réussir sa vie mais simplement ne pas la louper. Ne pas passer à côté. A avoir des envies de grandeur, nous tombons vite dans l'erreur. Savoir que nous existons, savoir que nous changeons, savoir qu'à côté de soi, il existe d'autres personnes dans le même cas. Vivre avec ou sans. Vivre.

... Je serai sans foi ni loi. Sans règle, sans limite, sans risque de chuter trop vite. La conscience est l'état d'âme des utopistes qui pensent qu'il reste une humanité. N'en déplaise à certains, il n'y en a plus. Nous sommes des moutons parce que nous le vallons bien. Parce que nous sommes des vauriens. Si nous pouvions assassiner, voler, dealer sans nous faire prendre, chacun s'engluerait dans son vice. De nos jours, peu sont les courageux qui s'y risquent.

... Je serai ailleurs. Lucky Luke avait tout compris : se "tirer plus vite que son ombre". Pas fuir, s'en aller. Faire ses valises, franchir la porte sans se retourner. Ne pas faire ses adieux les larmes dans les yeux, ne pas avoir peur de tout jeter à la poubelle. N'importe où. 

... Je serai. 

 

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12 décembre 2009

Introducon

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Une chronique hebdomadaire. Quelle audace ! me direz-vous. Vous avez raison. Et une chronique pour parler de quoi ? L'écologie, le sport, la politique, la culture... tout ça est déjà fait et en masse, que de banalités à ne pas répéter. J'avais pensé à une chronique pour les nuls ou un abécédaire, à une chronique sur le quotidien ou même sur les lampadaires, à une succession d'imbécillités ou de bons mots bien placés. Finalement, ce sera une chronique sur rien. Rien. Quatre lettres pour un néant. Un petit mot pour de si grandes possibilités. Les esprits grands ouverts, prêts pour être la tête à l'envers. Enfonçons les portes de l'univers...


 

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21 décembre 2008

Peter Pan, est-ce vous ?

Il était une fois un pays peuplé de fées, d'indiens, de sirènes et de pirates. Parmi eux : un éternel enfant nommé Peter Pan. Le Neverland, un lieu imaginaire où tout est parfait, ne laissait pas une seconde à l'ennui, à la routine. Le jeune Peter refusa de garder pour lui un endroit aussi merveilleux. Il y emmena les Garçons perdus, des bébés tombés de leurs berceaux. Ensemble ils combattaient le Capitaine Crochet. En dehors des combats, Peter gardait dans le cœur une place particulière pour la fée Clochette et pour Wendy. Peter. Sans lui, rien n'existerait. De là deux histoires, de là deux visions de l'enfance et du monde : celles de James Matthew Barrie et celles de Régis Loisel.

74406559_barriePeter n'était pas simplement un enfant rencontré au hasard d'un parc. Peter était déjà à l'intérieur de James Barrie. Au fond de son ambivalence, de ses souvenirs, de ses rancœurs et de ses regrets. Son père "était un costume vide sur une chaise" (Sentimental Tommy, J. Barrie). Sa mère avait oublié ses six autres enfants après la mort de son fils aîné, David. James avait six ans. Il ne pouvait pas remplacer l'enfant perdu, il n'était que lui. Alors naquit dans son imagination Peter Pan. "Peut-être était-il un petit garçon qui mourut jeune [...] peut-être n'est-il pas né - un garçon que certains ont espéré voir venir et qui n'est jamais arrivé..." (Peter Pan, J. Barrie). La pièce intitulée Peter Pan survint bien des années plus tard après une rencontre fortuite avec de jeunes garçons dont le fameux Peter Llewellyn-Davis. Les écrits de James Matthew Barrie, un homme connu pour être froid, distant, discret, apparaissent drôles, justes, envoûtants. Comment ne pas rire devant un homme dans un costume de chien pour interpréter une nourrice ? Ou ne pas s'émerveiller devant des enfants qui s'envolent par la fenêtre de leur chambre ? Clochette n'était qu'une lumière scintillant dans la salle, prête à mourir à tout instant si les enfants refusaient de croire en elle. Le crocodile Tic-Tac résumait la fin de toute chose. Le capitaine Crochet symbolisait les adultes qui amènent la désillusion. Peter Pan était la force vive du pays imaginaire. Pourtant, au final, il restait des zones d'ombre dans le roman. Un monde, aussi merveilleux soit-il, cache toujours des secrets.

 

"Tous les enfants grandissent sauf un." Régis Loisel, dessinateur, commença l'adaptation en BD du conte, devenu populaire, Peter Pan, en 1990. Lui avait quitté l'enfance avec nostalgie. L'enfant éternel lui permettait de continuer à rêver, à voler. Quoi de mieux que le dessin pour un hommage ?
"Londres... le froid, la faim, et la misère étaient réunis pour peaufiner le décor. Hiver 1887..." Premièrepppeterpan1024
page, l'environnement. Et voilà la genèse entamée. Six tomes pour retracer l'histoire d'un jeune garçon. Peter portait des vêtements miteux, sa crinière rousse était cachée par une ample casquette. Son regard était malicieux, son sourire provocateur. Il avait une mère... alcoolique et prostituée. Dans un univers proche de Dickens, l'imagination de Loisel était reine. Il n'avait plus qu'à se laisser porter. Comme Peter allait le faire suite à sa rencontre avec la fée Clochette. Peter devint Peter Pan. Le pays imaginaire ouvrit alors ses portes : bienvenu au "bestiaire de tous ces personnages mythiques que sont les gnomes, les korrigans, les fées..." Peter Pan n'était pas naïf, pas innocent. Il était triste. Il pouvait être cruel, tuer. "Peter Pan n'était pas d'emblée Jack l'éventreur, mais, petit à petit, germe l'idée qu'il pourrait l'être." A la fin du troisième tome, le lecteur pourrait penser à un simple clin d'œil à l'assassin. Le quatrième tome Mains Rouges ne laisse plus de doute, la présence de Jack the ripper était voulue, définitive. Si l'enfant et le meurtrier ne font qu'un, seul Régis Loisel le sait. Il ne le révélera pas. A chacun ses secrets d'enfance.

La morale de cette histoire : que ce soit un récit doux, enchanteur, ou un univers pesant, noir, oppressant, Peter Pan révèle un garçon triste, un questionnement sur nos capacités de grandir et d'affronter la réalité. Pour autant il ne faut jamais arrêter de s'envoler de temps en temps pour le Neverland.

 


[Extrait De Film] Neverland -  Danse avec l'ours Portos
source : dailymotion
Laissez-vous porter dans le pays imaginaire.

Posté par Tatiana06 à 04:29 - Il était une fois... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 décembre 2008

Cher Papa Noël...

coca_cola_33 Il était une fois en France, Saint Nicolas. Un homme à la barbe blanche et au long manteau rouge. Il portait sur la tête une mitre et ne voyageait que sur son âne. Cet homme, que peu avaient la chance de rencontrer, offrait chaque année, à la même période, des cadeaux aux enfants. Parfois, dans les douces chaumières qu'il venait visiter, un verre de vin et une carotte pour son compagnon l'attendaient. Très mystérieux, Saint Nicolas était appelé "Père Janvier" en Bourgogne et dans le Nivernais, "Chalande" en Savoie, "Olentzaro" dans le pays basque ou encore "Barbassionné" en Normandie. Dans les pays voisins, en Allemagne ou en Hollande, les habitants l'appelaient Sinter Klaas. Au XVIIe siècle, le voyage de ce Saint s'est étendu aux Etats-Unis. Quelle erreur ! Nous arrivons bientôt au moment charnière de l'histoire : la transformation.
Clément Clarke Moore, pasteur américain, écrivit, en 1821, un conte de Noël pour ses bambins. Le personnage principal : un homme sympathique, dodu, jovial, souriant, sur un traîneau guidé par huit rennes. Plus de mitre mais un bonnet. Plus de crosse mais un sucre d'orge. Le pasteur n'était pas le seul à rêver d'un autre Mister Noël. Les représentations se multiplièrent et se diversifièrent partout dans le pays américain. Pourtant Clément Clarke Moore gagna le droit de voir son père Noël devenir une réalité pour des milliards d'enfants grâce à la publication de son conte "A visit from St Nicholas" dans le journal Sentinel de New-York, le 23 décembre 1923. Traduit dans plusieurs langues, le récit fit le tour du monde.
Pour peaufiner l'image de Santa Claus, l'illustrateur et caricaturiste au journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly, Thomas Nas, dessina, en 1860, un personnage au costume rouge garni de fourrure blanche avec un large ceinturon de cuir. Thomas Nas ne s'arrêta pas là : en 1885, il établissait la demeure du père Noël au pôle Nord. Pour définir cette position géographique il illustra deux enfants regardant sur une carte le tracé du parcours de Santa Claus du pôle Nord aux Etats-Unis. L'idée fut reprise par plusieurs personnalités littéraires et artistiques.
La renommée de Saint-Nicolas n'aurait pu exister sans le géant américain, la star des boissons gazeuses, le génie des campagnes publicitaires : Coca Cola. Haddom Sundblom, dessinateur, créa pour la marque une stature humaine, un ventre de buveur de bières, un visage bienheureux, un air jovial limite benêt, au père Noël. Côté vestimentaire : une tunique et un pantalon pour remplacer la longue robe rouge (sexiste ?). L'objectif de la campagne était de faire boire du Coca Cola même l'hiver. Bien joué(-et) !

- COCA COLA SURPRENDRE LE PERE NOEL -
source : Dailymotion
(remplacez la bouteille de Coca Cola par une petite mousse et Nanard, le pilier de bar, fera un père Noël parfait.)

Posté par Tatiana06 à 20:35 - Il était une fois... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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